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Une impression d'irréel...

Une impression d'irréel... - Jessica Breeze

J’ai été amené à rencontrer des personnes très différentes au cours de ma vie, mais une seule m’a laissé un sentiment inhabituel et étrange, celui de croiser un fantôme. Cette jeune femme avait tout, d’une apparition, lorsque je l’ai rencontré pour la première fois. Elle marchait vers le café où je me trouvais, les mains enfoncées dans ses poches, le regard posé sur la chaussée, les épaules courbées. Un long foulard fait d’une étoffe d’un bleu aérien flottait autour d’elle, la nimbant d’une aura spéciale. J’étais venu accompagner mon fils chez un orthophonie québec. Il était en pleine séance pendant que je profitais de ces quelques instants de solitude pour lire le journal dans le café du quartier.

J’ai toujours aimé la peinture et la photographie. Mon métier ne m’a pas porté vers des horizons artistiques, mais j’ai pu acquérir certaines œuvres de créateurs contemporains, à défaut de les fabriquer moi-même. L’apparition de cette jeune femme était si esthétique, que je ne pus m’empêcher de lever mon téléphone portable et de la prendre en photo. Je ne connaissais personne autour du comptoir, je n’ai donc pas pu faire remarquer à qui que ce soit ce que je venais de voir. L’heure d’aller chercher mon fils approchait, et j’ai réglé ce que je devais au serveur, puis je partis.

Après avoir récupéré mon fils, je vis que j’avais oublié mon téléphone au café où je m’étais arrêté. Le patron me le remit, mais il me précisa que je ne devais pas oublier mes affaires n’importe où. Je fus étonné que cet homme me fasse des remontrances, comme il le ferait à un jeune garçon, mais je laissais passer. J’étais pressé de rentrer, car la circulation devenait de plus en plus importante autour de la ville au fur et à mesure que le temps passait. Nous pourrions mettre une heure de plus, si je ne me dépêchais pas. Lorsque j’arrivais chez moi, je me posais et je regardais les photos que j’avais prises de la jeune femme. Le visage était si flou qu’il était impossible de bien la distinguer, et il semblait même, que je pouvais voir la rue en transparence à travers son corps. C’était certainement un effet de la lumière. Je transférais l’image sur mon ordinateur personnel pour la voir en plus grand. Mais cette impression de vision brouillée persistait. J’ai gardé cette photo, mais, quand je la montre, personne n’est capable de dire si une femme est vraiment présente sur le cliché.

 

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